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ANEANTIS

de Sarah Kane

Mise en scène : Stéphanie  Correia

Traduction : Lucien Marchal

Avec : Isabelle Chemoul , Diane Landrot, Mancino Marie, Alexandre Murit.
Musique originale : Jean-Michel Gay
Lumière : Stéphanie Correia
Durée : 1h15

 

Un couple atypique se retrouve dans une chambre d’hôtel luxueuse à Leeds.
Lui, 45 ans ; elle, 21 ans. Ils ne s’aiment plus.
Soudain, un soldat apparaît et l’œuvre bascule dans l’enfer.
Sarah Kane met en parallèle la violence conjugale et la guerre.
Toute l’action va se dérouler à l’intérieur de la chambre qui va subir une transformation radicale.

À ma première lecture d’Anéantis de Sarah Kane, j’ai été saisi par la violence, mais derrière celle-ci, la poésie s’offre à nous. Sarah Kane a été accusée d’obscénité dans ce texte, mais je pense qu’elle a voulu à travers Anéantis, dénoncer la violence.
Au moment où elle écrit Anéantis, nous sommes en plein drame en Ex-Yougoslavie. Là-bas, des crimes de guerres sont commis tous les jours et nous ne pouvons rien faire. À l’heure du 20 heures, devant nos assiettes bien remplies, défile des images de villes dévastées, d’enfants estropiés, de famille décimées.

Ne suis-je pas obscène lorsque je me plante devant ses images ?
C’est cette question que je pose en montant ce texte.
Un moment de réflexion, une plage pour penser et essayer de comprendre.

 

La mise en scène d’Anéantis fait appel aux images et à l’imaginaire.
Je suis partie du principe de ne pas jouer la violence, mais la suggérer me paraissait une réponse satisfaisante.
C’est pourquoi, j’ai choisi d’ajouter un quatrième personnage, celui de la didascalie. Comme un conteur, elle nous transmet la fable en nous décrivant les moindres détails. La didascalie est le témoin de cette histoire, elle nous dit l’impossible.

«  Le soldat attrape la tête de Ian entre ses mains. Il met la bouche sur un de ses yeux, l’aspire, l’arrache d’un coup de dent et le mange, il fait de même avec l’autre œil. Noir. On entend une pluie d’automne. »

L’espace sera complètement vide et la lumière aura un rôle majeur. Donc pas de lit, ni de seau à champagne, ni de cigarette. Un espace clos avec quatre comédiens. La musique permettra au spectateur d’être immergé à l’intérieur de l’histoire.